Thomas Nogales, éducateur U9: interview

Durant cette période de déconfinement, nous continuons notre voyage sur la Planète JSC par l’interview de Thomas Nogales, éducateur U9.  (A suivre…)

Catégorie U9 saison 19/20: éducateurs de G à D: Thomas, Fabien Puertolas et Fouad Bouhargane (absents sur la photo Walid Benzama et Corral Franck)
Interview réalisée par téléphone (déconfinement oblige encore !) par Robert Grisolia le 15/05/2020
Salut Thomas. Comment as-tu vécu ce confinement et, maintenant, le déconfinement ?
Il s’est plutôt bien passé. D’abord, il a fallu s’organiser au niveau de l’école avec les enfants puisque j’ai des triplés et, du coup, il a fallu s’organiser avec la maman pour l’école à la maison. Moi, j’en prenais deux, tout en étant en télétravail, et elle un. J’étais en télétravail sur deux jours de la semaine et, après, j’étais en chômage partiel. J’ai pu faire tout ce qu’on n’avait pas eu le temps de faire avant : le bricolage, le jardin… Ensuite, on a profité de la piscine qu’on a la chance de pouvoir chauffer.
Peux-tu te présenter ?
Je suis né le mardi 3 février 1987 à Toulouse. J’habite à Frouzins où j’ai fait construire, il y a 5 ans. Mes parents habitent à Villeneuve Tolosane. Je suis marié, nous avons des triplés, deux garçons et une fille. Je suis animateur sportif depuis 10 ans à la MJC d’Empalot. Je donne des cours de sport à tout âge, des cours de gym, des cours de step, des cours de roller, des cours de différents sports jusqu’à l’initiation.
Je sais que tu as eu un important parcours de footballeur jusqu’à un haut niveau. Raconte-nous !
J’ai commencé le foot à Villeneuve Tolosane pendant 1 an ou 2. Puis, suis allé à Cugnaux jusqu’à la catégorie U9. J’y suis resté deux ans. J’ai eu Didier Elarbi comme coach. Pour la petite histoire, aujourd’hui, je suis marié avec sa fille. Après Cugnaux, je suis parti au TFC pendant deux ou trois ans. Puis, je suis allé à Castelmaurou au Centre de Préformation de la Ligue. Il fallait faire un choix parce que les deux ne s’entendaient pas, c’était deux entités différentes. Soit, tu restais au TFC et tu restais, soit, tu allais à Castelmaurou, mais tu partais du TFC. Moi, j’ai fait le choix de partir du TFC et d’aller à Castelmaurou. J’ai fait deux ans au centre de Castelmaurou, mais comme il me fallait un club, j’étais allé au TAC. Au TAC, ça ne plaisait pas et, du coup, je suis allé aux Fontaines. On s’entraînait la semaine au Centre de Préformation et le weekend on jouait en club. J’ai fait six mois au TAC et un an et demi aux Fontaines. Ensuite, deux clubs pros m’ont sollicité, Rennes et Montpellier. J’ai choisi Montpellier pour la proximité pour que mes parents puissent venir me voir tous les mois. J’ai fait cinq ans à Montpellier : 15, 16, 17 Nationaux. Puis, en 2004, j’ai été sélectionné en équipe de France moins de 17 ans, la génération de Samir Nasri, Jérémy Menez… Mais, juste avant d’y aller, je me blesse : rupture des croisés et, du coup, je n’y vais pas. Pour l’anecdote, six mois après, la France en moins de 17 a été championne d’Europe contre l’Espagne en finale et, celui qui m’a remplacé, c’était Kevin Constant qui a été pro au TFC. Après ma blessure, ça a été compliqué pour moi, j’ai fait quand même les moins de 18 nationaux, la CFA avec une cinquantaine de match et même des matchs en Ligue 2. Mais l’aventure à Montpellier s’est arrêtée là. Voilà pour la première partie. Pour la deuxième partie, je suis revenu sur Toulouse. Mon beau-frère, Anthony Elarbi, m’a demandé de venir jouer à Frouzins pour jouer, comme ça, entre copains. J’y ai fait deux ou trois ans, mais c’était compliqué pour moi parce que j’étais habitué à m’entraîner tout le temps et à avoir un rythme. Ensuite, j’ai mes trois enfants, je n’avais plus le temps de jouer, de m’entraîner et j’ai arrêté. Après, quand j’ai repris, je suis allé faire du Futsal, un sport différent, au Plaisance Allstars. Ça me laissait un peu plus de temps : les entraînements et les matchs étaient plus courts. Le club était tout petit et, du coup, Mehdi Chouary, le Président, qui savait que, dans mon travail, j’avais monté un club de futsal, m’avait demandé de venir pour faire monter le club, de le structurer au niveau technique. On y a réussi, puisque le club, aujourd’hui, est en Ligue 2 de Futsal. Je m’occupais de l’équipe 2 et j’étais au bureau du club, dans le Conseil d’administration. On a débloqué plein de choses. Je suis parti cette année parce que le club avait grandi et que je ne m’y retrouvais pas forcément. J’avais fait mon temps là-bas et, aujourd’hui, je suis fier de ce qu’est devenu ce club.
Venons-en à ton parcours d’éducateur.
J’ai commencé à être éducateur à mon travail à la MJC où j’ai monté un club de foot dans le quartier d’Empalot. Ce n’était pas facile. J’avais de très bons joueurs mais pas forcément très disciplinés. On est parti du plus bas niveau et on a réussi à monter. Ensuite, je suis parti au Plaisance Allstars. J’étais entraîneur/joueur en équipe 2. Je pouvais encore jouer ! Là, aussi, on est parti du plus bas niveau et aujourd’hui l’équipe 2 est au plus haut niveau en DH. Ensuite, je suis arrivé au club de Cugnaux avec les petits. La première année, ils étaient avec toi. Je ne voulais pas m’impliquer encore parce que je ne voulais pas leur mettre la pression. Ça a duré un an et, au bout d’un an, tu m’as dit : « Viens entraîner ! » Et j’ai craqué, je me suis pris au jeu et, maintenant, ça fait trois ans que je coache une équipe.
Des diplômes ?
J’ai le module U9. Je devais passer le U11, mais je n’ai pas pu. Après, je regrette un truc. Quand j’étais sportif de haut niveau à Montpellier, on nous proposait de passer le BE en une semaine. J’ai fait les deux premiers jours, mais je n’étais pas là-dedans à l’époque. Je ne voyais pas loin, je n’avais pas de perspective. Je m’en mords les doigts un peu, mais d’un autre côté, je me dis que si j’avais passé mon BE, je n’aurais pas fait des petits et moi, je trouve un peu inadmissible que des gens parce qu’ils ont un BE passent directement sur des grands. Je préfère partir du bas, comprendre toute la chaîne du foot et, après, tu as des billes pour parler foot quand tu vas monter en catégories.
Parle-nous maintenant de ton équipe.
Parmi les quatre équipes U9 que l’on avait, la mienne était celle où il y avait le plus de différence de niveau, la plus hétérogène. J’avais des joueurs qui avaient déjà quatre ans de foot, j’en avais d’autres qui ne faisaient du foot que depuis un an ou deux ou qui débutaient à peine. Du coup, ça a été compliqué tout au long de l’année. En effet, celui qui n’avait le niveau avait forcément du mal à s’adapter à ceux qui avaient joué ensemble depuis longtemps et inversement ceux qui étaient là depuis longtemps avaient du mal à accepter de jouer avec des joueurs plus faibles. C’était difficile, mais, de cette situation, j’en ai fait une force aussi. Je n’ai jamais mis un enfant de côté, aucun n’a jamais joué moins que l’autre parce qu’il était moins bon. Il faut garder cette conduite-là : les enfants doivent jouer autant de temps. On doit leur faire comprendre qu’on a besoin de tout le monde et que le collectif prime sur l’individualité.
Au niveau des résultats ?
Ça dépendait. Ça a été mi-figue, mi-raisin. Ça dépendait de leur bonne humeur ou pas, on pouvait mettre 5 /0 à des équipes sur tous les plateaux comme on pouvait prendre 5/0. Maintenant, ce que j’ai essayé de leur apprendre, c’est d’avoir un schéma de jeu, de toujours partir du gardien, de défendre ensemble, d’attaquer ensemble, de perdre ensemble, de gagner ensemble, de prendre un but ensemble, de marquer un but ensemble. C’est plutôt la notion de « ensemble » que je leur ai apprise cette année, sans délaisser les notions de technique.
A quel niveau étiez-vous engagés ?
Au début, on était en D2 et je voulais savoir pourquoi. Du coup, j’ai, entre guillemets, un peu râlé parce que j’aurais voulu que les équipes en D2 jouent en D1 et les équipes en D1 jouent en D2 pour que tout le monde puisse toucher au plus haut niveau D1 et tourner. Ça n’a pas été possible. En ce qui concerne mon équipe, je préférais la D1 parce que, la D2, c’était trop simple et on n’arrivait pas à progresser. Je préférais être en D1 avec plus de difficultés, quitte à plus perdre en D1. Mais, je pense qu’on a plus appris en D1 qu’en D2.
Quelle est la force de cette équipe ?
Tout le monde jouait à tous les postes y compris gardien, ce qui fait que tout le monde savait comment réagir, chaque fois, dans n’importe quelle situation, puisque tout le monde avait joué à tous les postes.
Et son point faible ?
Quand on était menés au score, c’était très dur de revenir. Ensuite, j’avais de forts caractères, des petits caractères, mais des petits caractères différents et selon qu’ils étaient bien lunés ce samedi ou pas, le match en dépendait.
Et les parents ?
Ça fait deux ans que j’ai la même équipe de joueurs ce que je n’aurais pas voulu. J’aurais préféré avoir des équipes de niveau en début d’année. Mais, on ne s’est pas entendus avec les éducateurs. A mi- saison, on m’a donné raison, on était prêts à le faire, mais je leur ai dit non parce qu’on ne change pas en milieu d’année : on a créé des affinités avec les parents, les enfants et je ne voyais pas la chose possible. C’est dommage ! Avec les parents, on avait un groupe pour les messages pour les rendez-vous. Ça s’est très bien passé. Ils étaient même ok pour payer un peu plus pour faire deux ou trois tournois de plus !
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
Les moments passés avec les enfants, ce sont de bons souvenirs. Ensuite, c’est la progression des enfants. Ça me fait plaisir de voir des enfants qui sont arrivés récemment et qui ont progressé techniquement. Il faut que les enfants aient progressé. A la fin de l’année, s’ils n’ont pas progressé c’est que je n’ai pas fait mon job.
Et ton plus mauvais souvenir ?
J’avais mes deux enfants dans mon équipe et ça a été très compliqué à gérer. Ils avaient du mal à faire la différence entre papa et éducateur. C’est quelque chose que je ne renouvellerai pas.
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
Eh bien, figure-toi que je ne sais pas. Je suis en réflexion. Je ne peux rien te dire pour l’instant. Je suis prêt à repartir pour une saison avec mon fils, mais tout dépendra de ce qu’on me proposera.
Et sur le club ?
J’aime ce club parce que ça a été mon club en petit. Le club, à ce moment-là, était tout en haut, en CFA, si j’ai bon souvenir. Donc, j’ai connu ces années fastes. Ces années où le terrain Dardé de Cugnaux était un des plus beaux terrains de la région. Je suis attaché à Cugnaux, attaché aux gens comme toi qui sont là depuis des années. Cette histoire club qui manque à des milliers de clubs en France, cette histoire club, des gens qui restent, qui transmettent, c’est ce que j’ai connu les années précédentes. Ce qui est bien à Cugnaux, aujourd’hui, c’est que, entre guillemets, tout est à faire, à refaire. On part un peu de zéro : nouveau complexe, il faut tout restructurer. Moi, ce qui m’a manqué aujourd’hui à Cugnaux, c’est une colonne vertébrale. Il y a toutes les vertèbres du bas qui sont toi et il y a les vertèbres du haut qui sont le coordinateur sportif mais, entre, il n’y a pas ce lien. Moi, j’aurais aimé avoir une feuille de route en arrivant, qu’on se connaisse tous, qu’on se rencontre tous. Un club, pour moi, ça a une identité et, aujourd’hui, Cugnaux ne l’a pas encore.
Merci Thomas, j’espère que tes remarques sur le club seront prises en compte, en espérant te retrouver l’an prochain en tant qu’éducateur. A très bientôt.

Et les photos souvenir:

catégorie U7 – saison 2017/2018
L’équipe U7  de Thomas – saison 2017/2018
A Montpellier
saison 17/18: tournoi U7 de Balma septembre 2017: la délégation U7 de la JSC
saison 17/18: tournoi U7 de Balma septembre 2017: la délégation U7 de la JSC en pique-nique à la pause
saison 17/18: tournoi U7 en salle de Balma, février 2018: le camp des supporters de la JSC
saison 17/18: tournoi U7 futsal de Villeneuve Tolosane février 2018: Thomas en action
saison 17/18: tournoi U7 futsal de Villeneuve Tolosane février 2018: Thomas en action
saison 17/18: tournoi U7 futsal de Villeneuve Tolosane février 2018: Thomas en action
27 janvier 2018: formation District à Cugnaux: Les stagiaires dont Thomas
27 janvier 2018: formation District à Cugnaux: travail en salle
27 janvier 2018: formation District à Cugnaux: Les stagiaires de la JSC
27 janvier 2018: formation District à Cugnaux: Thierry Manaut (Formateur District) avec les stagiaires
27 janvier 2018: formation District à Cugnaux: Thierry Manaut (Formateur District) avec les stagiaires
saison 2017/2018: Tournoi en salle U7 à Cugnaux (février) avec les supportrices.
saison 2017/2018: tournoi U7 de Eaunes (juin 2018)
saison 2017/2018: tournoi U7 de Eaunes (juin 2018): la délégation cugnalaise
saison 2017/2018: tournoi U7 de Tournefeuille (juin 2018): la délégation cugnalaise