Sophana Bou Bou, entraîneur des U18 filles: interview

Durant cette période de déconfinement, nous continuons à voyager sur la Planète JSC par l’interview de Sophana Bou Bou, entraîneur des U18 filles.  (A suivre…)
L’équipe U18 filles saison 19/20
Interview réalisée par téléphone (déconfinement oblige encore !) par Robert Grisolia le 19/05/2020
Salut Sophana. Comment as-tu vécu ce confinement et comment vis-tu, maintenant, le déconfinement ?
Je l’ai vécu difficilement parce que rencontrer beaucoup de monde tous les jours, et ne plus rencontrer personne d’un coup en vivant seul avec mon fils, ça a été très difficile forcément. J’occupais mes journées avec les cours de mon fils donnés par visio et, pour ma part, surtout avec le télétravail. Après, avec le déconfinement, ça a été : barbecue, grillades… On revit, voilà !
Peux-tu te présenter ?
Je suis né le lundi 21 mai 1979 et je suis toulousain de pure souche, né à l’hôpital la Grave. J’habite à Toulouse. Je suis veuf et j’ai un enfant de 7 ans. Il m’accompagne tout le temps au niveau de la JS Cugnaux. Quant à ma profession, on va dire que je suis dans les affaires. Je suis apporteur d’affaires.
Peux-tu nous dire quel a été ton parcours sportif ?
J’ai commencé par le rugby au TAC à six ans. Entre parenthèses, on avait une très bonne équipe. Moi, j’étais le plus petit de l’équipe et j’avais très peur de me faire plaquer par de gros gaillards. Donc, la peur de me faire plaquer, m’a apporté beaucoup de vitesse. La grande majorité de mes copains jouait au foot et c’est comme ça que j’en suis venu au foot l’année suivante. J’avais 7 ou 8 ans. Mes plus belles années, je les ai vécues, à l’époque, à ce que l’on appelait le Bonhoure Red Star Ultra Violets. J’ai fait le Festival des Violettes, on a fait pas mal de choses avec ce club- là. On montait chaque année. J’y suis resté jusqu’en Cadets, aujourd’hui appelés U17. Après, de par mes études, j’ai atterri à Paris. Ensuite, je suis revenu sur Toulouse. En senior, j’ai joué à Roques sur Garonne. Entre temps, j’avais joué en UFOLEP en Futsal. Aujourd’hui, j’ai 41 ans et je ne pratique pas de sport en club. Peut-être que, l’année prochaine, je vais me faire une année, pour le plaisir, en Vétérans.
Venons-en à ton parcours d’éducateur.
J’ai commencé en tant que coach senior en futsal avec une équipe qui s’appelait « Défense de Fer ». A la base, c’est une association pour, entre parenthèses, la défense de ceux qui s’estiment victimes face à la justice et donc les accompagner à se défendre. Avec cette équipe, on a été à la porte de la D2 avec la 3F. Mon contrat était simple : on m’avait donné des objectifs à la base, c’était soit le maintien, soit le haut du tableau. Moi, j’ai un état d’esprit, c’est la gagne. Je suis obsédé par le but et la gagne. Je leur avais promis la première place et à partir du moment où mathématiquement la première place ne m’était plus promise, je démissionnais en expliquant la chose à mes joueurs. Quand je promets quelque chose, je tiens parole et, si je manque à ma parole, je démissionne, ça veut dire que je n’ai pas été compétent. Chaque fois que je n’ai pas été champion, j’ai démissionné. Par la suite, vu que je travaillais à Roques sur Garonne, à l’époque, j’ai été responsable de l’école de foot de la communauté de communes « Axe Sud », en même temps que j’étais joueur à Roques. En 2007, je me suis blessé, rupture des ligaments du genou droit et c’est là que j’ai arrêté le football. Et cette année, j’ai atterri à Cugnaux. J’ai vu une annonce sur le facebook de Nisrine. Elle demandait pour savoir s’il y avait des personnes susceptibles de coacher l’équipe des U18 de Cugnaux. Au départ, c’était pour dépanner aux entraînements et ensuite pour encadrer des joueuses U18 qui étaient hyper volontaires. J’avais suivi le football féminin depuis les JO où le Japon avait été champion et, en hommage à ma femme défunte, j’ai accepté ce pari – là, de former des joueuses. Entre parenthèses, coacher une équipe de football féminin m’intéressait fortement. J’ai pris l’équipe en novembre à la suite de la défection de la personne qui s’en occupait.
Justement, parle-nous maintenant de cette équipe.
Comme on a pu le constater, on a eu de très mauvais résultats, cette année, au niveau du championnat. Ensuite, je tiens à défendre mon équipe dans le sens où c’était la première année de football pour la plupart des filles. Alors, il a fallu reprendre toutes les bases rudimentaires du football, c’est-à-dire : jeu de passes, contrôle du ballon, dribbles, en fait, toutes les bases. Quand je suis arrivé, en novembre, j’ai fait un entraînement et on a enchaîné le premier match. On l’a perdu par un score très lourd. Le deuxième match, on a joué contre une très grosse équipe, je crois que c’était foix et, là, j’avais mon équipe au complet, c’est-à-dire que celles qui devaient jouer en U18 et qui jouaient en seniors ont pu participer au match et, là, on a gagné le match 4 à 1, pourtant, elles étaient menées 1-0 à la mi-temps. C’est par mon expérience du futsal où il y a, entre parenthèses, des convergences avec le foot à 8 que nous pratiquions, que j’avais trouvé la bonne formule, dans le dispositif tactique, pour gagner le match. C’est le seul match qu’on a gagné en championnat.
Avec ces résultats, quel était le moral du groupe ?
Il s’en est suivi un manque d’assiduité des joueuses à l’entraînement. Après, en même temps, il faut reconnaître qu’on était en hiver et, après, avec les défaites, ça n’aide pas. Le moral n’y était plus. On a fini la phase de brassage et, ensuite, on s’est posé la question de savoir si on continuait ou pas. Le vendredi soir, quand il fallait enregistrer sur la tablette la pré composition de l’équipe et qu’il fallait organiser le transport pour le match à l’extérieur avec les parents en mode véhicules, en fait, on n’y était plus et, du coup, on a décidé de déclarer forfait pour le reste de la saison. Si on a arrêté, c’était surtout pour un problème d’effectif parce qu’on avait du mal à avoir 8 joueuses. On a déclaré forfait en février, et peu après, est arrivé le confinement et l’arrêt du football par les instances du Football.
Un point fort de cette équipe ?
Franchement, la combativité. Ce sont des filles qui ne lâchaient rien.
Un point faible de cette équipe ?
J’ai du mal à en trouver. Je suis quelqu’un qui aime plutôt valoriser les gens. Maintenant, s’il faut en trouver un pour l’équipe, je dirais que nous étions obligés de faire jouer, en U18, en les surclassant, des joueuses U16 qui étaient beaucoup plus jeunes. Mais, ce qui a vraiment affaibli cette équipe U18, c’est que je ne pouvais pas utiliser tout au long de la saison des 4 à 5 filles qui jouaient en seniors. Je comprends, en fait, c’est normal, on était, en quelque sorte, la réserve de l’équipe seniors.
En U18, je suppose que les parents suivent moins que chez les petits(es). Qu’en a-t-il été ?
J’avais des super parents qui suivaient et je tiens à les remercier pour leur présence à chaque match. J’avais, aussi, des parents qui travaillaient, malheureusement, le weekend et qui ne pouvaient nous suivre et donc que je connaissais peu.
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
J’ai découvert les féminines et la découverte d’un autre football qui a aujourd’hui plus de valeurs, en termes humains, peut-être, que ce que l’on a pu trouver dans le football masculin. Elles sont là pour jouer au football, elles sont là pour s’amuser, elles sont là pour s’éclater, elles ne sont pas là pour être dans le rêve de jouer en équipe de France, elles sont là pour le plaisir et bien qu’elles soient là pour le plaisir, j’ai vu des joueuses se défoncer à l’entraînement. Pour un éducateur, ça fait plaisir.
Et ton plus mauvais souvenir ?
Il y en a beaucoup parce que, moi, je n’aime pas perdre. J’en ai quand même un : on a joué sur un terrain impraticable en déplacement dans un village après le Lherm, je ne me souviens plus du nom. La veille, c’était le déluge, le terrain était vraiment impraticable, les filles patinaient sur place à en pleurer. Je ne comprends pas pourquoi l’arbitre n’a pas interdit le match.
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
J’ai des projets. A Cugnaux pourquoi pas. Après, c’est à voir.
Un dernier mot ?
Je remercie Nisrine Daoudi pour m’avoir fait découvrir ce club. Je remercie l’animateur du club house, Farid, pour son accueil. Je remercie Christian Doumenc. Je remercie aussi le président Jonathan. Je remercie toutes les joueuses et leurs parents.
Merci Sophana. Merci pour ton investissement à la JSC et bonne continuation dans le foot féminin que ce soit à Cugnaux ou ailleurs.
Une photo en mode décontract’ avec son fils qui a toujours était là aux entraînements et qui est le chouchou des joueuses.
Une photo avant un entretien avec les dirigeants d’un club de foot professionnel.