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Richard Gabry, joueur et responsable des vétérans: interview

Durant cette période de déconfinement, nous continuons à nous promener sur la Planète JSC par l’interview de Richard Gabry, responsable des Vétérans.  (A suivre…)
Interview réalisée par téléphone (déconfinement oblige encore !) par Robert Grisolia le 23/05/2020
Salut Richard. Comment as-tu vécu ce confinement et comment vis-tu, maintenant, le déconfinement ?
Personnellement, je l’ai vécu assez bien parce que j’ai beaucoup travaillé pendant cette période. J’ai beaucoup télétravaillé, mais j’ai beaucoup travaillé au bureau, aussi. Donc, j’ai continué à garder le contact avec la société, malgré tout, en voyant un peu de monde. Ça m’a permis de passer ces deux mois de façon plutôt positive. Maintenant, on prend beaucoup de recul, pendant cette période, sur sa façon de vivre, de gérer les choses, sur ce qui est important et sur ce qui l’est moins. Ça permet de se poser quand même certaines questions. Avec l’équipe des vétérans, on a essayé de garder le contact. Heureusement, maintenant, il y a internet qui permet de rester en contact à distance. On établissait des connexions d’une heure/une heure et demie, pour permettre de continuer à se voir, de continuer à discuter, où chacun expliquait ce qu’il faisait pendant ce moment de confinement. Voilà comment les choses se sont passées. Et, à la sortie du confinement, tout le monde est resté assez sage, en attendant qu’on puisse reprendre un peu le ballon, même si on sait qu’il n’y aura pas de matchs. Maintenant, si on pouvait faire quelques petits entraînements avant l’été, ça serait avec grand plaisir.
Peux-tu te présenter ?
Je suis né le jeudi 5 décembre 1968 à Issy les Moulineaux en région parisienne. Je suis arrivé à Toulouse, il y a, maintenant, 12 ans pour travailler chez Tisseo. Je suis rentré chez Tisseau pour mettre en place la fonction achat qui n’existait pas dans l’entreprise et, depuis 3 ans, j’anime tout le réseau distribution, que ce soit les agences, que ce soit la relation clients. Je suis responsable du développement et des relations clientèles. D’un point de vue personnel, je vis en concubinage et j’ai 2 filles qui ont 9 ans et 14 ans.
Peux-tu nous dire quel a été ton parcours sportif ?
J’ai commencé par faire du judo, quand j’étais jeune. J’ai fait 15 ans de judo jusqu’à la ceinture noire. Entre temps, j’ai pu faire de la natation et j’ai démarré le football. Le foot, je l’ai démarré assez tard, puisque, quand je l’ai démarré, j’étais au collège. J’avais un copain qui jouait dans un club qui s’appelle l’US Paris 11ème, un petit club, Porte de Montreuil. J’avais 11, 12 ans, quelque chose comme ça. J’ai toujours apprécié dans le sport la convivialité, l’amitié, des choses pour moi très importantes, ce que j’ai trouvé dans ce petit club. J’y suis resté très longtemps puisque j’ai dû partir du club juste avant de partir pour l’armée, je devais avoir 20 à 21 ans. J’y ai fait toutes les catégories de jeunes. C’était un petit club ! Hé ! Je me souviens avoir joué en seniors, en étant surclassé, en 3ème division de District, niveau assez bas. Puis, j’ai eu envie de changer et je suis parti jouer au Joinville RC qui jouait à l’époque en Promotion d’Honneur et, du coup, j’ai fait toute la fin de ma carrière au Joinville RC en jouant en PH, en DHR, en DH. J’ai joué une grande partie de ma carrière comme défenseur, défenseur central, mais il m’arrivait aussi de jouer latéral ou milieu défensif. J’ai fini ma carrière de joueur avec une licence de vétéran, donc assez tard. Quand j’ai rejoint Toulouse, très rapidement, j’ai rejoint l’équipe de Cugnaux puisque j’habitais Cugnaux, à ce moment-là. Ma conjointe tenait un commerce sur Cugnaux et elle m’a présenté Pascal Gomes, vétéran à la JSC. Petit à petit, j’ai été jouer avec eux et j’ai retrouvé l’ambiance que j’ai toujours aimée : l’amitié, l’état d’esprit positif, l’envie de se faire plaisir sur le terrain, mais aussi de se faire plaisir en dehors du terrain.
Est-ce que tu as été éducateur durant ta carrière de footballeur ?
Je n’ai jamais encadré d’équipe. Pour être très franc, je n’ai jamais eu la fibre. Quand j’étais à Paris, j’ai rejoint le comité directeur du club, la dernière année, quand j’avais arrêté de jouer. J’en étais le secrétaire. Ça a duré une année et puis je suis parti de Paris, donc j’ai quitté cette fonction. Mais je n’ai jamais eu cette fibre d’éducateur. Je pense qu’il faut avoir quelque chose pour le faire et, moi, je n’ai jamais trouvé, pour l’instant, la volonté et l’envie de le faire.
Cependant, sans qu’on puisse parler d’entraîneur, puisque vous n’en avez pas, tu as la charge des vétérans. Peux-tu nous dire en quoi ça consiste ?
En charge de l’équipe de Vétérans, pour moi, c’est déjà faire le lien avec le club, c’est très important, c’est-à-dire faire le lien avec le Président, s’assurer que l’équipe vit bien à l’intérieur du club… Je crois que tout le monde y est sensible, le Président, les vétérans et, aussi, moi-même. Ça, c’est mon rôle principal. Ensuite, mon rôle, c’est d’organiser les matchs, de m’assurer que nos adversaires, quand ils viennent, trouvent facilement le stade, que les rendez-vous se passent correctement. Ça, c’est mon rôle. Comme tu dois t’en douter, à nos âges, on ne fait plus d’entraînements, chacun s’entretient comme il le veut.
Qu’est-ce que c’est la « vie » d’un vétéran ?
La vie d’un vétéran, elle est très simple. Déjà, on a tous une activité professionnelle. Elle est très disparate, on a tous les profils, dans l’équipe, ça a aussi son charme. La vie d’un vétéran, c’est déjà une histoire de famille, avec peu de temps et, le peu de temps qu’il a pour lui, il le consacre le vendredi soir à venir taper dans un ballon. Certains pratiquent des sports à côté, donc ils s’entraînent très bien, ils restent en forme. Et puis, les autres, c’est simplement le vendredi. Ça reste donc assez disparate, malgré tout, en fonction, souvent, de l’âge parce qu’on a des vétérans qui ont 35 ans, puis on en a aussi qui ont plus de 60 ans.
Je crois savoir que vous avez des éducateurs de la JSC dans l’équipe.
Oui ! On a Yannick Lechiara qui s’occupe des U10. Il y a Mathieu Lagoute qui l’a été. On a Donald Sie, l’entraîneur de la 1. De temps en temps, on a Pascal Renosi qui est entraîneur de la 2 et des seniors féminines.
Comment est organisée l’activité des Vétérans durant l’année ?
Il existe un championnat Vétérans qui est organisé par la Ligue. Il y a plusieurs Poules. Elles peuvent changer tous les ans pour permettre aux équipes de changer d’adversaires. Les matchs se jouent le vendredi soir. Ensuite, mon rôle, c’est de trouver des matchs amicaux quand on ne joue pas. On essaie de jouer tous les vendredis soir. Mais, si on n’a pas de match, on essaie de se retrouver sur le terrain et de faire des petites oppositions entre nous, en fonction du nombre. Ça va du 5 contre 5 à du 8 contre 8. A chaque fin de match, il y a toujours ce moment de convivialité. Quand on va jouer à l’extérieur, on est souvent invités à prendre le verre de l’amitié et, nous, quand on reçoit une équipe, on l’invite aussi à prendre le verre de l’amitié. Ensuite, on essaie de s’organiser un repas, en fin de soirée, de la meilleure des manières.
Parle-nous maintenant de cette équipe.
Avant tout, la force de cette équipe, c’est le respect que chacun a pour l’autre. Il y a une grande estime des personnes, dans cette équipe, avant tout. C’est ce qui anime l’ambiance de ce groupe. Pour qu’il y ait de la convivialité, il faut du respect, il faut que les gens s’apprécient, que les gens s’estiment. Je crois que, pour nous, c’est quelque chose de très important. Quand des personnes de l’extérieur nous rejoignent, je pense que c’est ce qu’il faut qu’elles ressentent : cette envie de passer un bon moment.
Au niveau de vos résultats, que peux-tu nous dire, même s’il n’y a pas d’enjeu et donc peu importants ?
C’est vrai que ce n’est pas important, mais en même temps, quand tu rentres sur un terrain, l’important, c’est de gagner. Quand on fait de la compétition, quel que soit l’âge, on a envie d’abord de se faire plaisir et, ensuite, de gagner le match ! Cette année, on a dû perdre 3 ou 4 matchs. En général, on fait plutôt des saisons où on gagne, en tout cas, plus de la moitié des matchs et ça peut aller où, comme il y a deux ans, on n’a perdu qu’un seul match de la saison. On a une équipe qui est assez compétitive avec de très bons joueurs, même si pour certains, ils ont un peu plus de mal à tenir les 90 mn. On a une équipe compétitive et c’est ce qui nous plaît et on essaie de la conserver.
A-t-elle un point faible ?
Peut-être que c’est une équipe qui ne se renouvelle pas suffisamment. On essaie d’attirer des joueurs. On a une arrivée par an, des fois deux. On aimerait attirer un petit peu plus. Mais, moi, ce qui me ferait plaisir, c’est que l’on ait des seniors de Cugnaux qui viennent intégrer cette équipe de vétérans, un, pour la rajeunir et, surtout, pour établir cette passerelle qui doit exister entre l’équipe seniors d’un club et son équipe vétérans. Ces seniors pourraient finir, en vétérans, leur carrière tranquillement, en se faisant plaisir, en continuant à faire de bons matchs. Ça nous arrive souvent de jouer contre d’anciens pros, donc il y a de l’adversité. C’est ce qui devrait attirer, je pense, de temps en temps, des seniors et, je pense, aussi, que c’est le travail qu’on a à faire pour la saison prochaine. On en a parlé avec Jonathan, c’est d’organiser des évènements seniors/vétérans pour qu’on apprenne à se connaître, qu’on apprenne à trouver des atomes crochus, des choses qui nous animent pour donner envie à des seniors, en fin de carrière, de venir jouer avec nous et de finir leur carrière de footballeur avec les vétérans de Cugnaux.
Comment ça se passe avec vos familles ?
Dans ce qu’on a mis en place, depuis une dizaine d’années, c’est qu’on essaie d’organiser deux, voire trois évènements, avec les familles, avec nos femmes et nos enfants. Donc, une fois par an, (cette année avec le coronavirus, on n’a pas pu partir.) on fait un voyage sur 2 jours avec femmes et enfants. Tous les ans, on fait ça, depuis 10 ans. Et, puis, on fait aussi deux fiestas dans l’année avec femmes et enfants. En Général, on en fait une, avant Noël, et, une autre, au début de l’été. Ça, ça permet déjà que nos enfants se connaissent bien, s’apprécient, jouent ensemble et, puis, c’est pareil pour nos femmes. Comme ça, elles connaissent tout le monde, elles se parlent entre elles. Ça, aussi, c’est très important pour nous : que cette amitié, qui nous lie entre joueurs, existe aussi entre nos femmes.
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
En tant que joueur, je n’en aurais pas puisque j’ai été blessé, toute la saison. Mais un bon souvenir, ce serait ce match contre les Barbarians, il y a 2 ans. On avait toujours du mal à les battre parce que l’équipe est constituée d’anciens pros. La dernière fois qu’ils sont venus, on les a battus 4 à 1. Ils étaient venus, pourtant, avec une grosse équipe et, cette victoire, on la partage encore.
Et ton plus mauvais souvenir ?
En ce qui me concerne, c’est sur le dernier match, je me suis fait une entorse. Ensuite, c’est cette période de deux mois qu’on vient de vivre où on n’a pas pu jouer.
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
Je crois qu’on va conserver ce qu’on a l’habitude de faire et, moi, ce que j’espère, c’est que l’on ait le temps, justement, de faire ce qu’on a décidé avec Jonathan c’est-à-dire créer cette passerelle avec les seniors, de faire 2 évènements, voire 3, dans l’année, un en début de saison et un autre dans le courant de la saison.
Un dernier mot ?
Ecoute ! Cugnaux c’est un club familial, mais c’est aussi un ancien grand club. J’aurais plaisir à revoir Cugnaux jouer un peu plus haut. Les choses se reconstruisent. Je pense qu’elles se reconstruisent plutôt bien. Il faut faire confiance à l’équipe en place pour que, petit à petit, la JS Cugnaux puisse remonter et retrouver dans la région l’image qu’elle avait avant, où on avait fort à faire quand on venait la jouer.
Merci Richard. Bonne continuation à la JS Cugnaux avec nos « jeunes » footballeurs en espérant que ton projet de passerelle aboutisse.

Photos archives:

Tournoi de Langon – mai 2007

Tournoi de Langon – mai 2007

victoire au Tournoi de Langon – juin 2006