Sylvain Neveu, éducateur U8: interview

Durant cette période de déconfinement, nous continuons notre voyage sur la Planète JSC, saison 2019/2020, par l’interview de Sylvain Neveu, éducateur U8.  (A suivre…)
Interview réalisée par téléphone  par Robert Grisolia le 28/05/2020
Salut Sylvain. Comment as-tu vécu ce confinement et comment vis-tu, maintenant, le déconfinement ?
Le confinement, je l’ai vécu en télétravail à la maison. C’était un peu rude surtout avec des enfants derrière. Après, il a fallu s’adapter. Donc, je me suis adapté ! En fait, les journées, c’était beaucoup de travail. Les enfants, on leur faisait très peu les cours puisque, avec ma femme, on était tous les deux en télétravail. On avait pas mal de choses à faire. Moi, j’avais 40 personnes à gérer, donc c’était un peu compliqué, pour mettre en place tout ça. Pour les enfants, on essayait de leur accorder un peu de temps dans la journée, entre deux réunions. Le soir, systématiquement, on se faisait une petite balade, avec eux. Et, après, nous, avec ma femme, on retravaillait quasiment tous les soirs jusqu’à minuit. En fait, on travaillait plus que d’habitude. Et, le week-end, après, on faisait le rattrapage des devoirs qu’on n’avait pas eu le temps de faire, dans la semaine. Et, le déconfinement, j’étais content de pouvoir sortir, et d’aller se promener avec les enfants.
Peux-tu te présenter ?
Je suis né le lundi 7 mai 1979 à Chambray-lès-Tours dans l’Indre et Loire. Je viens, donc, d’avoir 41 ans. J’habite à Saint Simon. Je suis ingénieur, chef de projet. J’ai été dans l’aéronautique, et, maintenant, je viens tout juste de changer, je suis passé dans l’automobile, dans l’entreprise On Semi-Conducteurs. Je m’occupe de la coordination des différentes équipes pour fabriquer des puces digitales pour l’automobile. Je suis marié et j’ai trois enfants : une fille de 9 ans, un garçon de 7 ans, et une fille de 3 ans.
Peux-tu nous dire quel a été ton parcours sportif ?
J’ai démarré le foot à l’âge de 5 ans à Montlouis sur Loire. J’y ai joué jusqu’à 18 ans, et, puis, je suis parti en école d’ingénieur, donc je n’ai plus joué en club pendant la période d’école d’ingénieur. Mais, je continuais à jouer avec l’école, parce que je n’avais pas le temps de jouer en club, avec la prépa. Ensuite, j’ai repris en revenant sur Toulouse, j’avais 25 ans à peu près. A Toulouse, j’ai fait plusieurs clubs : Pouvourville, 3 ans à Rangueil, Saint Simon et au Toac. Je joue encore au Toac, sauf que, cette année, j’ai été blessé à partir d’octobre. Je me suis fait une tendinite, et un peu d’arthrose. Donc, je n’ai pas pu jouer, depuis début novembre. Je n’ai pas pratiqué que du foot, j’ai fait du tennis aussi à partir de l’âge de 8 ans jusqu’à mes 17 ans. C’est une époque où je faisais beaucoup de sport : foot et tennis. Le foot ça tournait à trois fois par semaine, et, le tennis, c’était deux entraînements par semaine, plus, quand arrivait le printemps, pas mal de tournois, à tel point que j’ai failli faire « sport-études ». On ne savait pas trop dans quel domaine me mettre, entre le foot et le tennis. Finalement, on n’a rien fait, et mes parents ont dit : « Bon ! On va continuer dans les études…Et voilà ! »
A quel poste jouais-tu ?
J’ai démarré ailier gauche. Après, j’ai joué n°10, longtemps. Puis, j’ai joué libéro, pas mal de fois, et j’ai fini en 6.
A quels niveaux as-tu joué ?
Avant mes 18 ans, il y avait ce que l’on appelait les moins de 21 ans. Moi, à 17 ans, j’ai été surclassé pour jouer avec les moins de 21 ans où on jouait au plus haut niveau régional. Sur mon parcours d’avant, ça dépendait des saisons : les catégories étaient sur deux années, donc il y avait une année où tu jouais à un certain niveau, et, une autre, à un autre niveau, mais, le plus souvent, j’ai joué soit au plus haut niveau régional ou au deuxième niveau régional. Je n’ai jamais joué en National. J’ai joué des équipes Nationales en Coupe, mais pas en championnat. Puis, sur Toulouse j’ai fait un peu de PH au Toac, à Saint Simon et, là, actuellement, je joue en District.
Venons-en à ton parcours d’éducateur.
Ça a tout simplement démarré avec Cugnaux. Mon fils faisait partie du club de Cugnaux et, la première année, c’est-à-dire l’an dernier, j’étais souvent présent pour suivre l’équipe. Je donnais un coup de main et j’aimais bien participer. Il manquait des personnes, et je me suis proposé pour encadrer une équipe. Cette année, je ne souhaitais pas vraiment le refaire, parce que je trouve que c’était pas mal d’investissement, mais vu qu’il manquait des éducateurs, j’ai continué à encadrer le samedi matin, mais je ne pouvais pas le faire le mercredi après-midi, parce que je travaillais.
Justement, parle-nous maintenant de ton équipe.
Ce sont des joueurs qui se connaissaient parce qu’ils jouaient ensemble, l’an dernier, et qui habitent tous à Saint Simon. Certains sont dans la même école. L’an dernier, en U7, j’avais 6 joueurs dans 3 écoles différents : 3 dans une école, 2 autres dans une autre école et un dans une autre école. L’an dernier, en U7, ça s’est très bien passé, il n’y a eu aucun souci. Et, cette année, pareil, j’ai repris les mêmes joueurs, avec une petite variante, avec un joueur supplémentaire et, ensuite, j’en ai eu un deuxième, mais, ça, je ne l’ai jamais su. C’est le petit bémol qu’il y a eu. Je ne sais pas ce qui s’est passé en début d’année. Disons qu’à moment donné, je me suis retrouvé, en janvier, avec un joueur qui est venu et qui m’a dit qu’il était dans mon équipe. Je lui ai dit que je ne le connaissais pas. Et, après, j’ai appris qu’il était bien dans mon équipe. Je ne savais pas ce qu’il avait fait les autres samedis, voilà ! Sur l’équipe, je pense que c’est une équipe qui a un très fort potentiel. C’est pour ça que, en début de saison, ils avaient démarré en D2 et j’avais demandé qu’ils passent en D1, parce que, en D2, ils la jouaient trop facile. Et, parfois, je ne veux pas dire qu’ils étaient dans la moquerie, mais, quand ils mettaient des 5, 6 à 0, ils étaient trop faciles et ils jouaient un peu en marchant. Donc, j’ai demandé à les mettre en D1. A partir de janvier, ils étaient en D1 et ça s’est plutôt bien passé parce qu’ils étaient un peu sur le même rythme et ça les a un peu plus boostés. Les matchs étaient plus accrochés et, dans l’ensemble, en proportion, par exemple sur 4 matchs, ils en gagnaient 3 et faisaient un nul ou une défaite. Donc, la D1 leur allait très bien. C’était une équipe qui avait un fort potentiel, et j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas eu assez d’éducateurs le mercredi. Je pense que le mercredi, il y avait trop d’enfants pour deux éducateurs. Mais, on a dû déjà t’en parler.
Les qualités de cette équipe ?
Chacun avait un peu ses qualités. Beaucoup de joueurs étaient portés vers l’avant, donc c’était un peu dur à gérer. Il y avait déjà des démarcations, entre des joueurs qui étaient en défense, et des joueurs qui étaient en attaque, et certains joueurs qui avaient tendance à prendre des mauvaises habitudes : ne pas trop défendre. Sinon, je pense qu’il y a un bon potentiel. J’avais un peu de tout : c’est le joueur qui pouvait être un peu hargneux qui y allait vraiment, un autre qui était un peu plus technique, un autre qui avait une frappe un peu plus importante, un autre qui avait une bonne vision du jeu et qui se plaçait très, très bien pour défendre… Quand ils étaient tous motivés, ça pouvait faire des ravages. D’ailleurs, je me souviens, c’était l’an dernier, en U7, quand ils avaient joué, en fin d’année, contre le TFC. Ils avaient été très motivés et ils avaient perdu 1 à 0, alors qu’ils avaient dominé quasiment tout le match.
Un point fort de cette équipe ?
La force de cette équipe, c’est que c’est une équipe de copains. Sur le terrain, ça se traduisait par aucune dispute entre eux. Chacun savait, à peu près, ce qu’il avait à faire. Il y avait une bonne ambiance. Ils étaient très solidaires.
Un point faible de cette équipe ?
Le point faible, c’est aussi que c’était une bande copains et, des fois, ça pouvait arriver qu’ils fassent les clowns, et qu’ils soient en manque d’écoute. Des fois, c’était un peu dur de les tenir toute une matinée et, le pire, c’est quand il y avait un tournoi. Un tournoi sur une journée, c’était compliqué !
Un mot sur les parents ?
Les parents, ils étaient toujours présents, toujours à encourager leurs enfants. Toujours à dire : « Ecoutez aussi l’entraîneur, c’est lui qui parle, il faut l’écouter et s’il se fâche après vous, c’est qu’il y a des raisons. » Pour ça, c’était très, très bien. Mais, il y a eu, à moment donné, un problème de clarification avec une maman que je ne connaissais pas de l’an dernier. En fait, je n’avais pas récupéré son bon numéro. En fait, je m’étais trompé de numéro. Et, quand j’envoyais des messages, je n’avais pas de réponse, parce que, en fait, je ne m’adressais pas à la bonne personne. Donc, elle m’en a voulu. On s’est expliqués, et je me suis excusé. Je lui ai dit que j’étais un bénévole et qu’elle pouvait venir me voir, qu’il n’y avait pas de souci. C’est vrai qu’elle m’en a voulu. Son fils a changé d’équipe sur les deux derniers matchs. Je lui ai dit que c’était son choix, mais que s’il voulait revenir dans l’équipe, il n’y aurait aucun souci par rapport à ça. Il est d’ailleurs revenu jouer avec l’équipe, à un moment où on avait remixé les équipes. La maman était là et il n’y a eu aucun souci.
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
Moi, je ne faisais pas les entraînements avec eux. Mais, après, il y avait des règles que j’avais imposées lors des matchs. Des fois, contre des grosses équipes, il y a eu des matchs qui étaient vraiment très bien. D’ailleurs, il y a, une fois, un monsieur qui est venu me voir, et c’était une équipe qui n’était pas mauvaise, je ne sais plus laquelle, il m’a dit : « Franchement, je n’ai jamais vu une équipe jouer comme ça ! Ils font des passes entre eux … ». On avait gagné, je crois, 5 à 1, et, pourtant, c’était une équipe qui était vraiment forte. Ce jour-là, ils étaient super motivés, ils avaient respecté les consignes. En fait, moi, quand je les faisais jouer, j’en faisais jouer un derrière, un devant, et un sur chaque côté, et je leur expliquais les façons de se déplacer. Celui qui faisait la touche, c’était un certain joueur, pour les corners, c’était un certain joueur, et je leur donnais aussi des phases de jeu sur les corners et sur les touches. En fait, sur ce match-là, ils ont mis en pratique ces phases-là, ils faisaient tourner le ballon, et ce n’était pas : je tape le ballon devant et je cours après. Non, c’était : je fais des passes, et ils avaient marqué les buts sur des actions construites. Ça m’avait fait énormément plaisir. Ensuite, je dois dire que le mérite ne vient pas que de moi, il vient aussi du travail qui se fait aux entraînements, le mercredi.
Et ton plus mauvais souvenir ?
Peut-être le problème avec la maman. Maintenant, elle défendait son parti et je pense qu’elle avait raison. Je pense que je n’avais pas joué mon rôle complètement. Après, ce n’est pas un bon souvenir pour moi, parce que j’aurais dû le faire différemment, j’aurais dû communiquer un peu plus, avec cette personne. Sinon un mauvais souvenir, c’est quand l’équipe jouait en D2, sur un plateau, lors d’un match où d’un seul coup, ils menaient 6 à 0, ils faisaient ce qu’ils voulaient, donc ils se prenaient pour plus forts qu’ils n’étaient, ce qui fait que le match d’après, ils ne jouaient plus du tout et ça faisait un math nul 0-0 ou ils perdaient 1-0, alors qu’il n’y avait pas grand-chose en face. C’est désagréable quand on passe d’un seul coup à tout va bien, à rien ne va plus. C’est un petit reproche que je leur ferai : ils se prennent un peu pour des stars. Maintenant, tu me diras, ce ne sont que des enfants !
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
Quel est mon devenir ? Alors, je vais voir en fonction de mon fils parce qu’il me dit toujours : « Si mes copains continuent, je continue et s’ils ne continuent pas, je ne continue pas. ». Lui, il dépend beaucoup de ses copains. Je lui ai dit que, normalement, ça ne marchait pas comme ça. Donc, moi, déjà, après, je ne veux pas l’obliger, non plus. Il est encore jeune et s’il veut découvrir d’autres sports, parce qu’il fait aussi du tennis, donc je le laisserai faire sa découverte, et je le laisserai libre. S’il poursuit le foot, j’essaierai de l’accompagner, quand j’aurai un peu de disponibilité. Je serai toujours, là, au bord du terrain, pour donner un coup de main, au besoin.
Un dernier mot ?
Je ne connaissais pas trop Cugnaux. Je pense qu’avec l’environnement, avec les terrains, aujourd’hui, tout ce qui a été refait à neuf, je trouve ça plutôt sympa. Ce que je dirais, c’est que, l’année dernière, c’était très bien cadré avec des messages très clairs, tout était nickel. Cette année, pour l’organisation des matchs, c’était bien aussi. Mais, le point négatif, pour la catégorie, c’est le manque d’éducateurs et je dirais même le manque d’éducateurs officiels, c’est-à-dire de quelqu’un que ne soit pas parent aussi. Je ne sais pas, mais, dans des clubs, il y a souvent des jeunes joueurs qui sont là pour le mercredi et qui suivent les équipes etc… Après, c’est bien aussi qu’il y ait des parents qui accompagnent et qui s’investissent. Et, là, cette année, pour moi, je pense qu’il manquait un référent au niveau des entraînements. Enfin, je sais qu’il y avait Nisrine, mais elle n’était pas liée aux entraînements. Il aurait fallu qu’il y ait un entraîneur référent qui cadre les 4 équipes U8. Ensuite, l’ambiance au club est bonne. Je ne connaissais pas vraiment le club. J’avais joué contre Cugnaux dans le passé, et je trouvais que l’ambiance était plutôt bien. C’était un club agréable à jouer. L’ambiance au sein du club, je l’ai trouvée positive. Pour terminer, je trouve qu’il est dommage que nous n’ayons pas pu faire cette fin de saison et participer aux tournois de fin d’année.
Merci Sylvain. On ne peut que te remercier pour ton investissement sur ces deux saisons en tant qu’éducateur et on espère te retrouver au sein de la JSC, l’an prochain.
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