Jonathan Bidi, éducateur U7: interview

Durant cette période de déconfinement, nous continuons notre voyage sur la Planète JSC, saison 2019/2020, avec la catégorie U7 par l’interview de Jonathan Bidi, éducateur équipe2 – U7.  (A suivre…)
Interview réalisée par Robert Grisolia le 07 /06/2020
Salut Jonathan. Comment as-tu vécu ce confinement et comment vis-tu, maintenant, le déconfinement ?
Pendant le confinement, j’ai continué à travailler, donc je n’ai ressenti ni les effets négatifs, ni les manques d’interaction avec les gens. Mais, il y a eu, quand même, des points positifs parce qu’on a pu se recentrer sur les enfants, avoir des liens encore plus forts au niveau de la famille et du type d’activités au quotidien. C’est ce qu’il faut retenir. Après, l’important, c’est qu’au niveau de la santé, on n’a pas été touchés, que ce soit nous ou notre entourage. On l’a vécu, comme il fallait le vivre. Les enfants n’ont pas encore repris l’école. Ce sera, la semaine prochaine, pendant quelques jours, parce qu’il n’y a qu’un certain nombre d’élèves accepté, par classe.
Peux-tu te présenter ?
Je suis né à Clermont Ferrant, le lundi 1er juin 1987. J’ai 33 ans. Je suis d’origine congolaise. J’habite à Cugnaux. Je suis marié avec 2 enfants : la grande, Camille qui a fait du foot à la JSC et Denis, le petit qui joue en U7. Je suis responsable d’atelier dans une fonderie à Toulouse. On élabore des alliages d’aluminium pour l’industrie électronique.
Peux-tu nous dire quel a été ton parcours sportif ?
J’ai commencé à jouer au foot à 7 ans, dans un petit village, Champs dans le Puy de Dôme, jusqu’à l’âge de 12 ans. Ensuite, j’ai joué au FC Cournon d’Auvergne, dans la banlieue Clermontoise, au niveau National et DH, chez les jeunes. Ensuite, mes parents ont déménagé à Perpignan. Au début, j’ai joué dans un club qui s’appelle, aujourd’hui, l’AS Perpignan Méditerranée. J’y ai joué jusqu’au moins de 18, moins de 19. Et, ensuite, en Senior, j’ai joué à Elne en PH et DH. Je jouais au poste de défenseur central. Arrivé sur Toulouse, je voulais reprendre le foot, une fois que les enfants étaient rentrés à l’école à Cugnaux, mais, je me suis blessé, j’ai eu rupture du tendon d’Achille, pendant la préparation estivale, ce qui a fait que j’ai tiré un trait sur ma carrière de footballeur.
Venons-en à ton parcours d’éducateur.
Je n’ai jamais été éducateur avant que Denis ne s’inscrive au foot, à Cugnaux, en U5. J’ai commencé avec nos amis Alain, Raphaël, Robert, Guy et Gérard. Et puis, j’y ai pris goût en voyant l’évolution des petits. Je me suis retrouvé, l’an dernier, dans un rôle beaucoup plus effectif, en ayant à ma charge une équipe U6. Et, cette année, j’ai continué en coachant l’équipe U7 où était mon fils. Je dois dire que je l’ai fait avec l’aide de Thomas Zwaenepoel que je tiens à remercier.
Est-ce que ça a été difficile ?
Je n’ai pas du tout trouvé mon rôle d’éducateur difficile. Je ne veux pas dire que j’ai trouvé une vocation, mais je me suis senti à l’aise parce que, au niveau pédagogique, la transmission de ce que je voulais faire passer, c’était rapidement acquis par les enfants et aussi par les parents, c’est-à-dire une certaine rigueur dans l’attention dans ce que l’on demande. En voyant, notamment, l’évolution du jeu et du comportement des enfants, ça a créé une certaine émulation chez moi pour continuer, encore l’an prochain, à encadrer une équipe U8.
Je crois qu’il faut le souligner, dans ces catégories d’âge, il est rare de pouvoir trouver un papa ou une maman qui puisse s’investir, et aux entraînements, et aux matchs du samedi, ce qui est ton cas, et on t’en est reconnaissants.
Oui, mais c’est mon travail qui le permet parce que je peux adapter mes horaires. Il y a des fois où je suis en horaires de bureau et, d’autres fois, en horaires décalés de 5h à 13h, ce qui me permet d’enchaîner, directement, après le boulot, avec l’entraînement. Je pense que les autres responsables d’équipe le feraient aussi, s’ils en avaient la possibilité.
Est-ce que tu as suivi des modules de formation ?
J’y étais intéressé, mais, malheureusement, c’était un peu difficile par rapport à mes emplois du temps, par rapport au travail, parce que, comme tu sais, j’ai ma femme qui travaille les samedis, donc quand je viens aux matchs du petit et que les modules ont lieu le samedi, ça m’était très difficile. Mais, l’an prochain, on en a discuté un peu, avec ma compagne, on va s’organiser pour que je puisse suivre quelques modules.
Tu as eu en charge l’équipe 2 U7. Je rappelle que le numéro de l’équipe n’a aucun contenu hiérarchique chez les U6 et U7. Parle-nous de cette équipe.
Au niveau de la progression, j’ai été épaté de voir, en si peu de temps, du début de la saison et, là, jusqu’au confinement, les progrès de certains joueurs. Il faut dire ce qui est : ils découvraient le football. Au niveau de la motricité, ce n’était pas encore ça, mais, petit à petit, on a réussi à faire comprendre aux enfants ce que c’était le football : qu’il fallait savoir comment se placer sur le terrain, savoir quand il fallait défendre, savoir quand il fallait faire la passe… on a pu constater, au fil des matchs que, petit à petit, ça avait été assimilé. On a pu retrouver, sur certains matchs, des phases de jeu très intéressantes. Malheureusement, la saison s’est arrêtée de façon précoce. Mais, je pense que, si on avait pu aller jusqu’à la fin de l’année, on aurait pu voir de très bonnes choses. Au niveau du comportement, au début, pour certains cas, ça a été un peu particulier, mais je pense avoir su imposer un certain cadre de vie collective dans le groupe, notamment avec des enfants un peu dissipés. Donc, ils ont compris rapidement qu’il fallait suivre les règles, sinon on était pénalisé en temps de jeu. Au niveau des parents, ça a été impeccable. On a eu, vraiment, des parents très à l’écoute qui ne se sont pas immiscés dans le rôle du coaching, à la place de l’entraîneur. Tout le monde a joué le jeu, tout le monde a été volontaire, tout le monde a été assidu, c’est-à-dire que, sur la plupart des plateaux, on a, chaque fois, rempli notre contrat de présence. Donc, ça, ça a été une vraie satisfaction.
Un point fort de cette équipe ?
C’est l’écoute et l’application des consignes !
Un point faible de cette équipe ?
C’est la technique, les fondamentaux du football, passes-contrôles, mais des choses qu’ils vont acquérir au fil des années pour ceux qui continueront. C’est ce qui a fait la différence quand on tombait contre des meilleures équipes, mais, sinon, au niveau de l’organisation du jeu et l’application des consignes, c’est cette discipline-là qui a fait que, cette année, je pense, l’équipe faisait partie d’une des meilleures de Cugnaux, et même de certains clubs des alentours.
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
Les bons souvenirs, ça a été les quelques plateaux où on gagnait tous les matchs, où on n’en perdait aucun, et où on avait la satisfaction de voir nos jeunes joueurs fiers d’aller dire à leurs parents qu’ils n’avaient perdu aucun match, qu’ils avaient gagné tous les matchs, qu’ils avaient marqué beaucoup de buts, et même, pour certains qui ne marquaient pas de buts d’habitude, que, à ce match, ils avaient marqué. C’était exaltant de les voir courir vers leurs parents, comme s’ils avaient marqué en finale de la Coupe du Monde.
Et ton plus mauvais souvenir ?
C’était, sur un plateau, sur l’ancien stade qui était un peu à l’abandon où l’état de la pelouse était assez exécrable, et où les conditions de jeu n’étaient pas top, où on n’a pas pu bien s’amuser. Sinon, à part ça, pas de mauvais souvenir !
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
La saison prochaine, je rempile ! Je vais suivre mon petit qui va passer en U8. Lui, il est impatient de reprendre. Je lui ai demandé, quand même, s’il voulait que j’encadre son équipe ou s’il préférait que ce soit quelqu’un d’autre. On en a discuté beaucoup. Je lui ai présenté aussi les avantages d’avoir un autre éducateur et dit que ce n’était pas obligatoirement moi qui devrais encadrer son équipe. Il souhaite qu’on reste ensemble et que l’on partage cet enthousiasme, tous les deux. Pour le moment, je ne suis pas trop gênant pour lui, et, moi, ça me plaît de le voir progresser au quotidien.
Tu serais toujours disponible le mercredi et le samedi ?
Oui, et ce serait même plus évident que cette année, parce que, les mercredis, les entraînements se passeront plus tard. Donc, du coup, ça me permettra de ne pas manger sur le pouce, rapidement, au club house, comme tu as dû me voir le faire. Donc, ça sera plus évident, et, les samedis, je serai présent, à l’exception d’un samedi par mois ou pas, où, des fois, je suis réquisitionné pour le travail, mais ce sera de moins en moins. En fait, je serai plus disponible l’an prochain que je ne l’ai été cette année.
Un dernier mot ?
Un point à mettre en lumière, cette année, ce sont les nouvelles installations, avec des plus et des moins. C’est vrai que le synthétique Honneur est de qualité et c’est très intéressant pour nos petits. Après, c’est vrai qu’au niveau de l’organisation, des plannings, de la place… je pense qu’il y aura pas mal de choses à optimiser. Je pense que ça va être le travail du Président d’aller discuter au niveau de la mairie, pour voir tout ce qu’on peut améliorer, pour que les choses soient plus fluides etc… etc… Mais, sinon, les nouvelles installations, ça a été un point positif.
Ensuite, j’ai été impressionné de voir la communication qu’il y a eu au niveau de la catégorie, par e-mail, et tout ça… Il n’y a rien à dire. Après, on a eu un Président qui était, là, souvent aussi, avec lequel on a pu discuter. On l’a croisé quasiment tous les samedis, il est passé sur le terrain presque tous les mercredis. C’est un super club très convivial. C’est le point très, très positif qui fait qu’on a, tous, envie de rempiler à Cugnaux.
Merci Jonathan. On ne peut que te remercier pour ton investissement sur ces deux saisons en tant qu’éducateur, et à l’année prochaine avec les U8.
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