Mboule Moussounde, ostéopathe, staff médical seniors 1: interview

Nous poursuivons notre voyage sur la Planète JSC, saison 2020/2021, par l’interview de Mboule Moussounde Armel, ostéopathe (Bientôt la suite de notre voyage…)
Interview réalisée par Robert Grisolia le 13/11/2020 (pendant le confinement)
Bonjour Armel. Peux-tu te présenter ?
Je suis né le samedi 17 août 1996, à Libreville, au Gabon. J’habite vers la Roseraie à Toulouse. Je suis en couple avec la mère de ma fille. Du coup, j’ai une petite fille de deux ans. Je suis ostéopathe.
Quels sports as-tu pratiqué ?
Tout petit, j’ai commencé par les sports de combat et le foot de quartier, si on peut dire. J’ai été attiré par le sport de combat par mon frère. En 2009, à mon arrivée en France, je me suis inscrit dans un club d’aïkido, quand j’étais au lycée, pour apprendre les arts martiaux, mais ce n’était pas assez explosif pour moi parce que ce n’était que de l’enseignement, des thèmes à apprendre. Dès que je suis arrivé sur Toulouse en 2013 ou 2014, je me suis inscrit à la boxe française et j’ai aimé. Après le bac, j’étais en médecine. J’avais un peu de mal à suivre avec la boxe en même temps et je me suis inscrit en ostéopathie. Je me suis alors réinscrit au foot, en amateur. J’étais en club avec l’autre école d’ostéopathie ITO. Ils avaient fait des clubs de foot et des écoles d’ostéopathie. Donc, du coup, j’ai joué avec eux pendant un an. Comme Il m’était impossible de suivre les cours et de faire du sport, j’ai arrêté le sport, on va dire officiellement. Depuis cette année 2020, je me suis réinscrit officiellement à la boxe anglaise. Donc, en ce moment, je fais de la boxe anglaise.
On en vient maintenant à ton boulot. Comment t’est venue l’idée de devenir ostéopathe ?
En fait, j’ai une belle histoire pour ça. Depuis tout petit, j’aimais bien les sports de combat où il y a des chocs, c’est un peu un sport à risque. J’avais tendance à me fracturer les os. Donc, à chaque chute, à chaque coup, j’avais toujours une fracture. Dans ma famille, j’étais le seul à me fracturer les os. Et moi, je m’étais dit tout petit que, plus tard, j’aimerais bien résoudre ce problème-là, pas forcément le mien, mais réparer les os, en général. Donc, j’avais déjà en tête de faire médecine. Donc, après le bac, je me suis inscrit en médecine, mais je n’ai pas eu les deux premières années du premier coup. Alors, je me suis inscrit en ostéopathie que je ne connaissais pas. C’est un ami qui m’en a parlé. En arrivant à l’école, le directeur, m’a expliqué un peu son histoire : lui aussi avait fait médecine, puis ostéopathie et pas mal d’études et ça m’a inspiré dans mon parcours. Je m’étais dit qu’au pire des cas, je devais essayer, pour voir ce que c’était, parce que je n’avais aucune idée du tout du métier. Je n’en avais jamais entendu parler. Donc, la première fois où je suis arrivé à l’école, le directeur m’a expliqué un peu comment ça allait se passer, qu’il n’y avait pas de concours comme en médecine, ce qui m’avait un peu apaisé et, du coup, je me suis lancé dedans pour voir ce que ça donnait. Ça fait maintenant 5 à 6 ans que je suis là-dedans et ça me plaît parce qu’on prend le corps dans sa globalité, on n’est pas scindés comme en médecine où il y a le cardiologue, le neurologue etc… toutes ces sphères qui sont séparées. Là, quand on a un patient avec une pathologie, on reçoit la pathologie du patient, on ne reçoit pas juste, par exemple, un mal de dos, on ne va pas le traiter comme tous les maux de dos, on va le traiter comme un mal de dos spécifique à chaque patient et c’est plutôt cette approche-là qui m’a intéressé. Le fait d’apprendre l’anatomie en profondeur, la physiologie, la compréhension du corps humain, c’est ça qui me permet de dire que c’est un métier qui m’intéresse et vu que j’aime bien le sport également, j’ai toujours été curieux de savoir comment fonctionnait le corps que j’utilisais à fond.
Comment devient-on ostéo ?
Après le bac, c’est un parcours sur 5 ans. On a trois ans de cours théoriques avec quelques pratiques à apprendre. A partir de la 4ème année, on passe à la pratique clinique c’est-à-dire qu’on va recevoir des patients jusqu’en 5ème année. Ça va nous amener à nous former pour tenir ensuite notre prochain cabinet.
Où tu en es en ce moment ?
Je suis en dernière année d’étude, mais en parallèle de ça, il m’arrive de prendre des patients à l’extérieur de l’école, à domicile. J’ai une table que j’avais achetée en première année qui me sert pour les soins. Je peux accueillir aussi des patients chez moi. De plus, en parallèle, une clinique a été ouverte à l’école, pour la pratique en 5ème année, où il nous faut au moins 150 patients à faire.
Je sais qu’avec internet on peut savoir de quoi il s’agit, mais peux-tu nous dire en quelques mots en quoi consiste l’ostéopathie ?
En quelques mots, ça sera difficile, mais je vais essayer. L’ostéopathie est basée sur la connaissance précise de l’anatomie et de la physiologie humaine. Elle recherche la cause de la plainte pour en soulager les symptômes. Donc, en gros, une personne qui vient avec une douleur, le but se sera de trouver la cause primaire de cette douleur. Donc, elle interviendra en concluant avec un médecin, avec un kiné, avec toute médecine alternative ou même paramédicale. L’approche de l’ostéopathie, en premier lieu, est préventive, c’est-à-dire qu’elle est faite en amont des problèmes. Elle entretient le capital santé pour réduire le risque d’apparition de prochains symptômes, de prochaines lésions qui pourraient arriver. Dans le cas du foot, le fait d’avoir un ostéopathe pourrait prévenir de blessures, de problèmes musculaires qui pourraient être récurrents chez un footballeur.
Comment es-tu arrivé au club ?
L’an dernier, j’avais, en parallèle de l’école, des patients à domicile, et il se trouve qu’il y a un éducateur de la JSC, Monsieur Léo, éducateur des U15 qui avait une douleur au dos. Je suis allé le traiter un dimanche. Du fait que je fais un mémoire sur la pubalgie chez les footballeurs, je lui ai demandé s’il ne connaissait pas des joueurs qui avaient potentiellement des pubalgies, ou une équipe de football ou un club vers qui me rapprocher pour avoir une base de données de recrutement pour mes patients. Il m’a fait venir au club. J’ai rencontré le président avec qui j’ai passé un entretien au cours duquel je lui ai exposé mon projet. Il a été intéressé. Je suis repassé une deuxième fois au club avec ma table pour voir les joueurs. Mais, après, nous avons eu le confinement. Les deux fois où je suis venu au club, ça s’était, apparemment, bien passé, mais je n’étais pas encore inscrit au club et je ne savais pas si on allait me rappeler ou si on avait trouvé quelqu’un d’autre. A ma grande surprise, au déconfinement, le président m’a rappelé pour me dire que je pourrai être inscrit pour l’année prochaine donc en 2020/2021. Et, là, en début de saison, pour me rapprocher des joueurs, j’ai participé au week-end qu’on a fait à la montagne.
Quels types d’intervention pratiques-tu sur les joueurs de l’équipe 1 ?
J’interviens de deux types de manière, soit j’interviens sur le joueur après le match pour faire un bilan avec lui de ce qu’il a eu comme douleur après le match, soit j’interviens à domicile ou au club, ça dépendra du joueur, de l’heure, et aussi en fonction du coach. Sinon ça m’arrive aussi de venir pendant les matchs ou avant les matchs et de regarder s’il y a des straps, des massages à faire. Avant le match, je peux intervenir pour réaliser des soins précoces sur une entorse, une lésion musculaire à l’instant T, pour soulager le joueur.
Qui demande le soin ? Le joueur lui-même ou l’entraîneur ?
Le plus souvent, c’est l’entraîneur qui m’envoie le joueur c’est-à-dire que le joueur contacte l’entraîneur comme quoi il a une douleur ou une gêne. Ensuite, l’entraîneur me contacte et me demande mes dispositions pour recevoir le joueur. La plupart du temps, j’interviens à domicile quand il y a vraiment un souci, alors que, pendant les matchs, c’est plus mettre un strap, régler des bobos etc.… ça va assez vite, ce n’est pas une séance d’ostéo.
Est-ce que tu as des retours des joueurs ou de l’entraîneur, sur tes interventions ?
Pour moi, c’est positif, c’est-à-dire que chaque fois que j’ai eu à traiter un joueur, deux ou trois jours plus tard, je recevais un message du joueur ou de l’entraîneur pour me confirmer que ça allait un peu mieux.
Tu faisais partie de l’antenne médicale à la Madewis Cup qui a eu lieu à Cugnaux. Comment ça s’est passé ?
J’ai trouvé cet évènement très enrichissant. Déjà, le monde du foot, il faut savoir que, pour ma part, je n’y connais pas grand-chose. J’ai joué au foot mais je n’ai jamais joué en club en intégralité, donc je ne savais pas comment ça fonctionnait. J’ai été impressionné de voir tous ces enfants bien structurés, bien organisés. J’ai trouvé ça très enrichissant d’autant plus que j’ai une fille et que j’imaginais plein de choses (rires). C’était très bien, j’ai rencontré des joueurs, des parents, des éducateurs. Je suis intervenu sur des enfants qui avaient reçu des coups ou qui souffraient de certaines lésions comme de petites entorses où il fallait strapper, un peu comme on fait avec les plus grands pour qu’ils puissent continuer la compétition.
Durant ce tournoi, l’antenne médicale fournie par le club était au complet, me semble-t-il.
En effet, à part moi, il y avait aussi la chiropracteure du club, Marianne Vergnes, que tu as interviewée récemment, un médecin, Gwenael Frassa, papa d’un joueur et une infirmière, Sylvie Dumazeau. Maintenant, je ne sais pas si le club a un médecin attitré, ce serait bien qu’il  en ait un.
Un mot sur le club ? Comment tu t’y sens ?
Personnellement, je m’y sens bien. Franchement, ce qui m’a aidé, c’est la première journée qu’on a passée en montagne avec l’équipe 1. C’est une journée qui m’a beaucoup aidé parce que ça a permis un rapprochement avec les joueurs. On est restés quand même deux jours ensemble. C’était donc très enrichissant et ça a permis de mieux se connaître, avec le Président aussi. Je me suis senti intégré, je ne me suis pas senti mis de côté.
Un dernier mot ?
Je remercie déjà le club de me faire confiance, parce que, maintenant que j’y suis, je n’ai même plus l’impression de le voir comme une chance, mais c’est vrai que c’est une chance parce que je cherchais beaucoup de clubs disponibles pour prendre un étudiant ostéopathe, pour lui permettre de faire ses preuves, pour lui donner une opportunité et, moi, pour le coup, ça a été une chance d’être pris par la JSC. Donc, je ne regrette pas et j’aimerais bien que, comme on en avait discuté avec le Président, si l’équipe monte, je sois, pourquoi pas, embauché! (rires !!). Mais, pour l’instant, je suis satisfait et j’espère qu’on va vivre une belle saison et qu’on va monter.
Merci Armel. Bienvenue à la JS Cugnaux et bonne saison 2020/2021 !
Antenne médicale à la Madewis Cup à Cugnaux- en compagnie de Marianne et de Gwenael_septembre 2020
Antenne médicale à la Madewis Cup à Cugnaux- en compagnie de Marianne et de Sylvie_septembre 2020
Antenne médicale à la Madewis Cup à Cugnaux- avec Gwenael et Marianne_septembre 2020
En action, lors du séjour de préparation de l’équipe seniors1, à la montagne, en septembre 2020
Sur son lieu de travail
Avec l’équipe gabonnaise