Mansour Senina, éducateur U13 A et coordinateur Foot à 8

PHOTO mise en avant:  U13 A et B –  saison 19/20   (En médaillon : Medhi Bencheikh, éducateur U13 B)
Durant cette période de confinement qui n’en finit plus, nous continuons notre voyage sur la Planète JSC par l’interview de Mansour Senina,  éducateur U13 A et coordinateur foot à 8.  (A suivre…)
Un soir d’entraînement U13 A – terrain Daniel Bravo – saison 19/20
interview réalisée par téléphone (confinement oblige!) par Robert Grisolia le 24/04/2020
 Salut Mansour. Un mot sur ton confinement ?
Il est un peu difficile parce que ça change un peu nos habitudes. A part le travail, on est habitués à bouger, à sortir de la maison, à faire les courses quand on veut, aller faire du sport et, là, c’est un peu compliqué parce qu’on est limité dans toutes nos démarches. Je ne suis pas confiné totalement. Malgré que l’activité ait baissé au travail, je continue à travailler.
Peux-tu te présenter ?
Je suis né le dimanche 15 mars 1970 à Mostaganem en Algérie. J’ai cinquante ans et je m’en porte très bien. Je suis divorcé avec 3 enfants, une fille de 21 ans, un garçon de 19 ans et le dernier, Ayoub, 14 ans qui joue à Cugnaux. Cette année ça fera sa 3ème saison à Cugnaux. Ils sont chez la maman qui habite Villeneuve, moi j’habite au Vernet. Je les vois pratiquement tous les jours puisqu’Ayoub je l’amène tous les jours au foot. Je travaille dans le recyclage environnement automobile dans une entreprise à Colomiers. Ça fait plus de 19 ans. Mon travail consiste à aller dans les garages collecter les premières pièces usagées des automobiles. Ça peut aller de la ferraille à la carrosserie. Après, on est un peu dans tout, dans les métaux dans les voitures. On travaille un peu avec les casses.
Peux-tu nous dire quel a été ton parcours sportif ?
J’ai atterri en région parisienne à Versailles où je suis resté quelques années. J’ai commencé à faire du basket pendant trois ans. Après, on a déménagé dans la région Midi Pyrénées, à Muret, avec ma maman et ma sœur puisque j’ai perdu mon papa à l’âge de quatre ans. Le premier club où je suis allé, c’était Muret, mais toujours en basket. Puis, j’arrêté le basket et j’ai fait du foot à partir de Minime jusqu’en Senior. J’ai eu l’occasion de jouer avec Dominique Casagrande. J’étais de cette génération-là. Ensuite, j’ai fait quelques clubs comme Roquettes et Saint Simon où j’ai joué jusqu’en DH, c’est le plus haut niveau que j’ai joué. Après, j’ai dû arrêter, je devais avoir 25 ans à cause de problèmes au genou.
A quel poste jouais-tu ?
J’étais latéral, mais j’étais aussi polyvalent parce que j’étais plutôt milieu défensif. J’ai joué à tous les postes en défense. Je m’adaptais, les coachs m’utilisaient un peu partout. Le seul endroit où j’étais une passoire, c’était dans les buts.
Venons-en à ton riche parcours d’éducateur.
En fait, mon petit frère jouait au foot à Muret et il avait comme éducateur, Christian Partinico que tu dois connaître. Un très grand monsieur ! C’est lui qui m’a lancé et c’est lui qui m’a tout appris.
En effet je le connaissais. C’est, d’ailleurs, le beau-frère de Francis Fernandez qui était CTD à l’époque.
En effet ! Il avait fait quelques années au TEF. Après, il est venu à Muret. Mon frère avait 10 ans et il était Benjamin quand il l’a eu. A cette époque, je le suivais et, puis, un jour, Christian n’a pas pu venir et il m’avait demandé de le remplacer, un après-midi, sur un tournoi. Et c’est parti de là. Ça avait plu à tout le monde, le tournoi c’était bien passé. Quand j’ai amené mon petit frère à l’entraînement qui a suivi, il m’a dit qu’il manquait un éducateur dans une équipe et si je voulais bien la prendre. Je lui ai dit pourquoi pas. Et j’ai commencé comme ça, petit à petit en aidant, en aidant, sur les séances d’entraînement. Je suis resté 28 saisons à Muret en tant qu’éducateur.
Peux-tu être plus précis ?
Je suis toujours resté dans le football réduit que ce soit en foot à 7 ou en foot à 9 comme on disait autrefois et que l’on appelle le foot à 8 maintenant. J’ai fait 2 saisons en U10/ U11 et ensuite les U12/ U13 que je suivais sur 2 ans, chaque fois. En gros, ça a été ça. Après Muret j’ai pris une année sabbatique. J’ai eu beaucoup de propositions parce que dans ce milieu-là tout le monde connaît tout le monde, mais je n’ai pas voulu parce qu’étant resté à Muret, je ne voulais aller ni à Colomiers, ni à Balma qui me voulaient. Donc, j’ai pris une année sabbatique. Mais, comme je connaissais bien le Président de Bagatelle qui était embêté parce qu’en manque d’éducateurs, il a voulu que je vienne. J’ai accepté, juste pour voir un peu, pour savoir comment ça marchait un peu dans les « quartiers » On entendait toujours des sons de cloche, mais je ne savais pas. A Bagatelle, j’ai rencontré de très bons gamins. Je l’ai eu dur parce que ce n’est pas pareil avec ce que j’avais connu à Muret. C’est très différent. J’avais un groupe très, très compliqué, mais j’ai réussi à faire plein de choses avec eux. Les éducateurs y font du très bon travail, ils avancent. J’avais voulu amener mon expérience et j’aurais bien voulu rester, mais après, j’avoue que j’ai été un peu déçu du fonctionnement du club. J’y suis resté une année. Après, j’ai entendu qu’à Cugnaux on cherchait des éducateurs et, moi, j’avais laissé sous-entendre à Bagatelle que peut-être je ne resterai pas. Alors, comment c’est venu aux oreilles du Président ? Je ne sais pas. J’ai connu Jonathan, le président, quand il était éducateur des U13 à cugnaux. On a joué l’un contre l’autre. On se connaît depuis longtemps. C’était l’époque où je jouais contre Cugnaux et où Cugnaux rivalisait beaucoup avec des clubs comme le TFC, Colomiers. Cugnaux, c’était une très belle école de football. Quand je jouais contre Cugnaux, c’était comme si je jouais contre Colomiers ou le TEF. A une réunion, Jonathan a rencontré le Président de Bagatelle qui ne voulait pas me lâcher. Jonathan m’a, alors, appelé et je lui ai dit que je n’étais marié avec personne et que j’acceptais de venir à Cugnaux.
Quels diplômes as-tu ?
A l’époque, pour passer des diplômes, il fallait poser des congés et ça se passait sur une semaine. J’étais déjà dans la distribution et le recyclage des pièces automobile et j’avais un emploi du temps au niveau travail qui me prenait beaucoup de temps. Il m’était très compliqué pour moi de prendre sur mes congés, d’autant plus que je les gardais parce que, comme toute ma famille est à l’étranger, j’en profitais pour aller la voir. Je vois ma famille une fois par an. Pour moi, c’était essentiel d’aller voir ma famille plutôt que de perdre des jours pour un diplôme.
Aujourd’hui, avec les nouvelles formations par module qui se passent sur le weekend, c’est plus facile. J’ai le module U13 et je voudrais, cette année, enchaîner avec le module U14 pour passer, ensuite, la certification et avoir le CFF2. Il faut savoir qu’au niveau de ma pratique, ce qui est important sur toutes les années où j’ai coaché en tant qu’éducateur, j’ai eu affaire à toutes sortes de générations, des générations très fortes, moyennes et faibles, mais ma façon de coacher n’a jamais changé, ça a été toujours la même.
Tes fonctions cette saison à la JSC ?
On m’a donné la mission de m’occuper du foot à 8 des U10 aux U13 en sachant que, en plus, j’avais l’équipe des U13 A.
Ça fait beaucoup de travail. Comment t’en es-tu sorti ?
Ça a été difficile. On ne m’a pas laissé le temps. En arrivant, il a fallu m’adapter. A cugnaux, il y avait de bonnes habitudes mais aussi de moins bonnes habitudes, à mon avis. Et celles-là, j’ai eu du mal à les faire changer. Par exemple, au début, j’assistais aux entraînements des U10, des U11. C’était très compliqué parce que ce que je mettais en place un mercredi, je voulais que ça se remette en place le mercredi d’après, mais ce n’était pas le cas. Les éducateurs avaient leurs habitudes et ne voulaient pas les changer. On m’a fait comprendre que, en fait, c’était la culture de la JSC. Ça m’a un peu déçu et c’est dommage.
Ensuite avec les U12. Ça a été aussi un peu compliqué. A partir de novembre, décembre, j’aurais voulu que quelques gamins U13 montent en foot à 11. Je n’ai pas pu le faire parce que j’étais limité en joueurs et, surtout, parce que je n’avais pas des U12 qui allaient compenser cette montée. Fabien n’y tenait pas, il ne voyait les choses comme ça. Quand il a voulu, on est tombés sur des matchs qui ont été annulés. Je n’ai donc jamais pu intégrer des U12 dans mon groupe. De toute façon, je crois qu’il n’y tenait pas beaucoup. La seule chose que je pourrai lui reprocher, c’est qu’il ne travaille que pour son groupe seulement. Maintenant, il fait du très bon boulot. J’apprécie beaucoup ce qu’il fait et heureusement qu’il était là. Chaque fois que j’ai eu besoin de lui, il était là et je l’en remercie.
Il y a deux équipes de U13, peux-tu me dire un mot sur la qualité de ce groupe ?
Ce qui est dommage en ce moment à Cugnaux, c’est qu’aucune détection n’ait été faite avant mon arrivée, alors que ça se faisait autrefois, je crois. Avec les deux équipes, c’était très compliqué. Entre les deux groupes, il y en a un qui est au-dessus de l’autre, mais c’est quand même un peu faible, surtout l’équipe 2 qui posait quelques problèmes. Le problème, c’est que ce sont des joueurs peu sérieux. C’était Medhi qui la gérait. C’est un très bon éducateur qui s’est beaucoup investi. C’est un joueur U20, il connaît bien le football.
Parle-nous maintenant de ton équipe.
Au départ, j’ai constaté qu’ils avaient beaucoup de lacunes, même si Sylvie Casonato, que je connais depuis longtemps, avait bien travaillé avant. Il a fallu repartir sur beaucoup de bases. Après, ce sont de gentils garçons, des garçons bosseurs qui ont envie de travailler. Mais, au début, ils étaient plus dans l’amusement que dans autre chose. Ils n’étaient pas dans la compétition. Malgré tout, on a fait de belles choses, cette année. Ils ont fait de gros progrès. Ils étaient contents parce que les parents et certains dirigeants comme Christian, comme Jonathan qui sont venus voir des matchs ont constaté les progrès de l’équipe. Pourtant, les parents, au début de saison, me disaient qu’ils étaient plutôt dans la détente, ce contre quoi j’étais. Ces mêmes parents qui me disaient : « Attention ! Il faut y aller doucement ! » sont venus pour me féliciter pour le travail que j’avais fait jusqu’à présent et pour la progression qu’il y a eu des joueurs.
Comment ça s’est passé au niveau des rencontres ?
On était au niveau D1, le plus haut niveau, où il y avait plusieurs poules. On est restés en D1 jusqu’à ce que ça s’arrête à cause du confinement. Au début, en première phase, on était dans une poule correcte, mais on a eu un peu de mal au niveau des résultats. Malgré tout, on s’en est bien sortis et on a été maintenus en D1. Dans la deuxième phase, on est tombés dans une poule plus difficile où on a rencontré Colomiers, le TFC. On a eu du mal. Mais, il y a eu du positif parce que contre ces équipes-là, malgré quelques défaites, ça nous a permis de progresser. J’avais une équipe qui, quand on jouait contre des équipes supérieures, on jouait au ballon, on était bons et on s’accrochait. Dans l’ensemble sur tous les plateaux qu’on a fait ça a été correct. Il y a eu de très bons résultats, il y a eu progression dans les matchs.
Et en Coupe qu’avez-vous fait ?
Après, en effet, on a joué en Coupe. C’était la coupe «Pitch ». Elle permettait d’accéder en U14 régionaux. On s’était qualifiés et on espérait faire quelque chose. Et moi, je suis persuadé qu’on avait un bon coup à jouer, en sachant que certains clubs, même s’ils étaient devant nous, étant donné qu’ils avaient déjà des U14 Ligue, devaient laisser la place aux autres. On avait notre chance et, le groupe, je le sentais très bien. Je sentais des garçons en pleine évolution. Certains devenaient de vrais compétiteurs, ce qu’ils n’étaient pas au début. La plus forte progression est à mettre au compte du gardien de but.
Et les parents ?
Je n’ai rien à redire. Au niveau des transports, ils étaient là. Au début, j’ai tenu un discours avec tous les parents pour leur dire comment je fonctionnais, que j’avais besoin de tous, sur l’organisation et le transport, parce que, seul, je n’y arriverai pas et qu’il y avait des règles à respecter concernant le comportement sur le terrain. Les parents ont adhéré. Il n’y a eu aucun problème. Tout s’est très bien passé avec les parents.
Quelle est la force de cette équipe ?
Ils n’abandonnent jamais. Ils ne se découragent pas. Ils ne lâchent rien !
Et son point faible ?
Pas assez méchants. Ils sont trop gentils. Ils manquent d’agressivité positive.
Dis-nous quel est ton meilleur souvenir de la saison.
C’est le match contre le TAC, une très grosse équipe. C’était en novembre, si je me souviens bien. On est menés 2-0 et on gagne 3-2.
Et ton plus mauvais souvenir ?
Un match contre l’UJS où on prend 5-0. Ensuite, ce sont les blessures des gamins. On en a eu pas mal. Des problèmes de genoux, de talons. Ça a été une hécatombe.
Peux-tu nous dire ce que tu comptes faire la saison prochaine ?
Je continue en U13 à Cugnaux. Muret qui a perdu pas mal d’éducateurs, m’a resollicité récemment. Je leur ai dit non parce que je ne suis pas venu à Cugnaux que pour une année. Je suis venu pour mettre en œuvre le projet sportif de Cugnaux qui m’a été présenté. Je vois que ça se passe très bien. C’est un club où il y a une équipe compétitive et où il y a des gens très sympas. La saison prochaine je devrais hériter les U12 de Fabien qui est un très bon groupe. Fabien sera avec moi pour me donner un coup de main. Je l’apprécie beaucoup d’autant plus que c’est un très bon éducateur et il connaît bien le football, même si, parfois, on ne voit pas les choses de la même façon.
Autre chose ?
Peut-être sur le club en général. Mon sentiment sur le club ? J’ai envie de dire que c’est un club qui a envie de redevenir ce qu’il a été autrefois. Et, moi, j’ai envie d’aider justement. J’ai vu une équipe qui a envie de travailler de mettre beaucoup de choses en place. Ensuite, et je l’avais dit à Jonathan, il faut améliorer la communication. C’est important, par exemple, de savoir dans le club qui fait quoi et de se connaître des tout petits aux Seniors. Je pense que ça se fera.
Merci Mansour, j’espère que ton souhait sera exaucé et à bientôt.
Un soir d’entraînement U13 A – terrain Daniel Bravo – saison 19/20